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Dossier du mois - La Haute Qualité Enironnementale
 
Entretien avec Daniel Fourtier: Responsable environnement secteur France chez Lafarge.
 

En 2003, le groupe Lafarge - secteur plâtres - remporte le gigantesque marché pour la construction de l'hôpital Great Western à Swindon, en Angleterre.

Qu'est ce qui a joué en votre faveur sur ce dossier ?

Le respect de l'environnement comme la prévoit la démarche Haute Qualité Environnementale était la condition sine qua non pour obtenir le marché. De l'architecture jusqu'au recyclage des déchets. C'est sur ce dernier point que nous nous sommes placés. A savoir prendre en charge les déchets occasionnés par les plaques de plâtres. Or la quantité des chutes était énorme. Mais nous nous sommes engagées à les recycler dans leur totalité. C'est sur ce point que notre dossier a été retenu pour participer à la construction de l'hôpital anglais.

Est-ce que cela nécessite un investissement ?

Matériellement, ce ne fut pas très compliqué. On a tout simplement installer un broyeur sur le chantier ainsi que des bennes destinées aux rebuts de plaques de plâtres. Même si ceux-ci étaient très important. En revanche c'est la notion de temps qui représente le plus gros investissement.

C'est-à-dire ?

Un chantier «  HQE » comporte des contraintes qui exigent une autre gestion du temps, des équipes, du matériel, du transport , de l'espace etc.. Le volume des déchets étant très important , une organisation rigoureuse était nécessaire pour ne se laisser déborder. A commencer par le stockage des déchets, leur réduction puis le transport jusqu'à l'usine. C'est tout un cycle qui se crée.

Quelles ont été les difficultés rencontrées?

Le tri . C'est la première et la principale , car elle conditionne toute la chaîne du   recyclage. Au même titre que chacun d'entre nous est appelé à faire un tri de ses déchets domestiques : emballages, verres, etc, le chantier doit intégrer dès le début cette notion de tri. La seconde se situe au niveau des équipes. Il faut les sensibiliser à cette nouvelle contrainte, qui deviendrait une habitude.

Que faudrait-il pour favoriser cette démarche qui est à ses balbutiements?

Si l'on veut véritablement que cette démarche connaisse un essor et devienne un réflexe, il faut impérativement créer une filière à part entière. Dès la mise en route d'un projet de construction ou de réhabilitation, il faut qu'elle soit prise en compte avec ses différentes étapes : collecter, trier, regrouper le volume et assurer le transport jusqu'à l'usine.

Et alors, pourquoi ne fait-on pas?

Là on aborde la question politique. En France, la mise en décharge reste peu coûteuse donc il n'y a aucune raison pour changer les vieilles habitudes. La filière recyclage des déchets professionnels pour qu'elle soit reconnue doit passer par une volonté politique et économique.

Justement, quelles sont les retombées que le groupe Lafarge peut tirer de son engagement dans la démarche HQE ?

Souvent la question des déchets est problématique. Il faut convaincre le client du bien-fondé de cet engagement. Lui démontrer que la mise en décharge est sans doute la solution la plus simple et la moins coûteuse mais qu'elle n'est pas la meilleure. Lui démontrer que le recyclage demande au départ une contrainte supplémentaire mais qui paie sur le long terme.

Dans quels termes est-elle plus payante ?

Les débouchés sur l'emploi, la responsabilité morale, le respect de l'environnement qui sensibilise de plus en plus de gens et de collectivités. Mais   c'est l'image de marque qui reste la plus valorisante à ce jour. C'est la raison pour laquelle le groupe Lafarge a mis en place une réflexion sur l'architecture urbaine et durable pour mettre en place une stratégie afin que les principes et valeurs déclinés par la démarche HQE deviennent réalité à part entière sur le terrain