Changement d'habitude plus ou moins radical
L'entreprise 4D, éditeur de logiciels de base de données, appliquait déjà scrupuleusement la loi Evin depuis 1991. Aucun des fumeurs ne fumait dans son bureau, même individuel. Les fumeurs se rendaient dans une pièce fumoir qui comportait des fenêtres. Devant le coût des systèmes d'extraction d'air, la direction générale a décidé de supprimer cette pièce et de prier les fumeurs de sortir pour fumer.
BWT France faisait, lui, partie des mauvais élèves. Dans cette entreprise qui fabrique des systèmes de traitement d'eau industriels et des adoucisseurs d'eau domestiques, chacun fumait où il voulait. Seule une séparation fumeurs/non fumeurs avait été établie dans le restaurant d'entreprise. Cependant très vite après l'annonce du projet de loi anti-tabac, la direction avait initié un groupe de travail, piloté par le service sécurité, avec la contribution très active bien sûr, de la cellule CHST. Composé de personnels administratifs et de production, ainsi que de fumeurs et non fumeurs, le groupe de travail a décidé de mettre en place deux abris fumeurs (style abribus), à l'extérieur du bâtiment. Des mesures d'accompagnement aux fumeurs ont également été proposées comme un entretien avec un tabacologue. Contre toute attente, et en avance sur la date de l'entrée en vigueur de la loi, tous les fumeurs se sont pliés à la nouvelle règle et sont allés fumer dans les abris fumeurs.
En cas d'infraction, notamment en l'absence de signalisation ou en cas de non-respect des normes des fumoirs, l'employeur est désormais passible d'une contravention de 135 euros. Un montant guère dissuasif. Cependant, il courra le risque que les salariés enfumés exercent leur droit de retrait, autrement dit cessent de venir au travail en arguant que le tabagisme passif qu’ils subissent présente un danger grave pour leur santé. Ou pire encore, qu'ils fassent valoir leurs droits devant la justice.
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